Entre 2022 et 2026, la démarche SOLIMA a réuni acteur·rices des musiques actuelles, collectivités et services de l’État sur trois territoires franciliens. Le rapport d’étape dresse le bilan de ces quatre années : ce qui a fonctionné, ce qui a résisté, et ce qu’il reste à construire.
Une démarche de concertation pour les musiques actuelles
Le SOLIMA (Schéma d’orientation pour le développement des musiques actuelles) est une méthode de travail qui associe, de manière non hiérarchisée, les acteur·rices des musiques actuelles, les collectivités territoriales et l’État. L’objectif : réfléchir ensemble à des actions communes et à des politiques publiques adaptées à chaque territoire.
En Île-de-France, la démarche est coordonnée par le RIF, avec ses réseaux associés Maad93 et Combo95 et ses partenaires publics : DRAC, Région Île-de-France et Départements. Elle a été expérimentée sur trois territoires : le Sud Essonne, le Nord-de-Seine et le Sud Seine-et-Marne. Chacun a mis en place ses propres comités locaux, pour tenir compte de ses réalités.
Ce qui s’est passé sur les territoires
Sud Essonne : l’entrée en musique pour tou·tes
Face à un paysage culturel très éclaté et à l’absence de lieux dédiés, les acteur·rices ont créé le Café Musique Éphémère, un événement gratuit et itinérant mêlant concerts, ateliers et jam sessions. Après Gironville-sur-Essonne (mars 2025) et Étampes (novembre 2025), la troisième édition se tient le samedi 10 octobre 2026 à Oncy-sur-École.
Sud Seine-et-Marne : faire réseau
Le territoire compte une vitalité artistique réelle, mais peu d’ingénierie et d’équipements dédiés. La démarche a donné lieu à une rencontre avec les élu·es et services culturels à Lorrez-le-Bocage-Préaux (5 mars 2024), à deux Journées Infos Musicien·nes (speed-meetings, ateliers, showcases) et au lancement du réseau local Les Alouettes – Musiques Sud 77.
Nord-de-Seine : accompagner les artistes
La dynamique collective territoriale a été difficile à maintenir sur la durée, en raison de l’hétérogénéité des acteur·rices et d’une cohérence territoriale peu évidente. Le travail s’est donc poursuivi avec les artistes à l’échelle régionale, avec plusieurs réalisations :
- une formation à l’action culturelle pour les artistes, accueillie par La CLEF à Saint-Germain-en-Laye, avec une quinzaine d’artistes par session ;
- une liste de discussion réunissant près de 80 artistes ;
- Le bureau des artistes : dix structures membres du RIF, réparties dans toute la région, ont mis à disposition des espaces de coworking. Plus d’une vingtaine d’artistes en ont bénéficié.
Les effets de la démarche
Le bilan met en avant deux effets principaux :
- Un lien renforcé avec les institutions.
80 % des structures interrogées mentionnent un renforcement des liens institutionnels, une meilleure visibilité ou l’obtention de nouveaux financements. - Davantage d’interconnaissance et de coopération.
La démarche a contribué à rompre l’isolement des acteur·rices et des élu·es locaux·ales, et a favorisé le partage de matériel, la programmation mutualisée et la co-construction d’événements.
Le regard de la DRAC
Dans son mot, la DRAC d’Île-de-France souligne que la démarche lui a permis d’identifier de nombreux acteurs qu’elle ne connaissait pas, et qu’elle s’est révélée particulièrement adaptée au milieu rural (sud 77 et sud 91). Elle relève aussi que ses cadres d’intervention ne permettent pas toujours d’accompagner globalement les projets. Les difficultés du Nord-de-Seine confirment enfin, selon elle, qu’une extension de la démarche à toute l’Île-de-France ne serait pas réaliste.
Les attentes et les perspectives
Pour transformer ces dynamiques en actions durables, le rapport formule trois attentes :
- Traduire les besoins exprimés en comités locaux en politiques publiques adaptées, en associant plus étroitement communes et communautés de communes ;
- obtenir un engagement renouvelé des financeurs publics (DRAC, Région, Départements) pour consolider les projets et les coopérations ;
- Attribuer des moyens dédiés à l’animation de ces espaces d’échanges, mission que le RIF souhaite continuer à porter.
Côté perspectives, le Sud Essonne prévoit de poursuivre le Café Musique Éphémère et de définir son modèle économique. Le Nord-de-Seine veut continuer les rencontres entre artistes et repositionner le bureau des artistes. Le Sud Seine-et-Marne souhaite formaliser Les Alouettes en association.
